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Les mots fléchés entraînent-ils la mémoire ?

Les grilles de mots passent pour un bon exercice contre les trous de mémoire. Des chercheurs ont mis cette réputation à l’épreuve, presque toujours avec des mots croisés ou des jeux de mots en anglais. Leurs résultats montrent des liens réels, des limites nettes, et aucune preuve de protection.

Entre 1980 et 1983, l’Albert Einstein College of Medicine, à New York, a recruté dans le Bronx 488 volontaires de 75 à 85 ans sans trouble de mémoire, revus tous les 12 à 18 mois. En 2011, l’équipe de Jagan Pillai a étudié les 101 d’entre eux chez qui une démence était apparue. Chez ceux qui disaient faire des mots croisés, la mémoire avait commencé à flancher nettement deux ans et demi plus tard que chez les autres. Une fois amorcé, leur déclin avait en revanche été plus rapide.

Les auteurs restent prudents : ils parlent d’une association. Leur groupe de joueurs comptait 17 personnes, la pratique se résumait à un oui ou à un non déclaré au départ, et ils demandent des essais cliniques pour vérifier l’effet.

Un essai, deux entraînements

Les universités Columbia et Duke ont mené un essai tiré au sort avec 107 personnes de 55 à 95 ans atteintes de troubles cognitifs légers, un état qui augmente le risque de démence. Les unes ont fait des mots croisés sur ordinateur, chez elles, les autres des jeux d’entraînement cérébral : douze semaines, puis des séances de rappel jusqu’à la 78ᵉ semaine.

Le score du groupe des mots croisés s’est légèrement amélioré, celui des jeux légèrement dégradé, et l’IRM a montré une moindre diminution du volume de l’hippocampe chez les premiers. Mais l’essai, publié en 2022 dans NEJM Evidence, n’avait pas de groupe sans entraînement : ses auteurs précisent que l’effet des mots croisés, comparé à l’absence d’activité, reste à mesurer.

Doué pour la grille, pas forcément ailleurs

En 1999, les psychologues Hambrick, Salthouse et Meinz ont fait passer grilles et tests à quatre groupes d’environ 200 adultes de 18 à 80 ans. La réussite dépendait surtout de la culture générale. L’expérience des grilles ne freinait pas le recul, avec l’âge, de la capacité à raisonner face à un problème nouveau.

Une revue systématique de 2018, dans les Annals of Internal Medicine, fait un constat voisin : chez les adultes âgés en bonne santé, l’entraînement cérébral améliore le domaine entraîné, pas les autres, et les données manquent pour dire s’il retarde le déclin ou la démence.

Des liens, pas des preuves

L’étude britannique PROTECT a interrogé en ligne 19 078 personnes de 50 à 93 ans sans trouble cognitif : plus elles disaient faire souvent des jeux de mots, meilleurs étaient leurs résultats à neuf tests. L’Alzheimer’s Society rappelle que ce travail montre un lien, pas que les grilles améliorent la réflexion, et qu’il n’a pas étudié le risque de démence. En Australie, 10 318 personnes de 70 ans et plus, suivies dix ans, ont noté de « jamais » à « toujours » la fréquence de leurs activités mentales actives, dont les mots croisés. Chez ces participants, chaque palier de fréquence en plus, de « parfois » à « souvent » par exemple, allait de pair avec un risque de démence inférieur de 9 %. Les auteurs n’excluent pas une causalité inverse : le début de la maladie pourrait aussi éloigner de ces loisirs.

En Écosse, une étude qui a suivi quinze ans 498 personnes nées en 1936 propose une autre lecture. Celles qui aimaient résoudre des problèmes complexes avaient de meilleurs scores de mémoire et de rapidité, sans décliner plus lentement : elles partaient de plus haut. C’est l’idée de « réserve cognitive », grâce à laquelle le cerveau compenserait, selon l’Inserm, au moins pour un temps, la fonction des neurones perdus.

Ce qu’une grille apporte

Aucune de ces études ne porte sur les mots fléchés, ces cousins des mots croisés aux définitions écrites dans la grille. La prévention se joue surtout ailleurs : parmi les quatorze facteurs de risque de la maladie d’Alzheimer, l’Inserm cite la sédentarité, le tabagisme, la consommation excessive d’alcool ou le manque de contacts sociaux. Si des oublis inquiètent, le premier interlocuteur reste le médecin traitant, qui peut orienter vers une consultation mémoire.

Une grille reste d’abord un plaisir, qui se choisit à son niveau. La petite grille facile de 11 × 11 compte 36 mots à trouver. La petite grille de 10 × 11, de niveau moyen, en compte 30. Sans compte, la partie n’est pas enregistrée : c’est un aperçu de ce que l’inscription apporte, avec la progression gardée et tout le catalogue de mots fléchés.

D’autres guides mots fléchés

Mots fléchés géants : comment venir à bout d’une grande grille

Une grille géante se remplit rarement d’une traite. Face à une telle surface, le vocabulaire compte moins que la manière de s’y déplacer : par où entrer, quand changer de coin, et à quel moment faire une pause. Six grilles géantes se jouent sur Flexorama sans compte.

Lire une grille de mots fléchés : flèches, cases doubles et petits mots qui reviennent

Une grille de mots fléchés suit des conventions qu’elle n’explique jamais : quelle définition va à droite quand une case en porte deux, ce que signale une flèche coudée, ce que la forme d’une définition annonce de sa réponse. Les petites grilles faciles de Flexorama, jouables sans compte, permettent de les repérer une à une.

Ce que la pratique apprend aux amateurs de mots fléchés

À force de remplir des grilles, on reconnaît des mots rares que les auteurs de mots fléchés affectionnent, et une mention comme « en argot » ou « en ancien » se lit comme une consigne sur la réponse. Ce savoir d’habitué se construit partie après partie ; plusieurs grilles de Flexorama, jouables sans compte, permettent de l’observer.

Mots fléchés ou mots croisés : ce qui les distingue

Mots croisés et mots fléchés reposent sur le même principe : des mots qui se croisent dans une grille. Ils se séparent sur la place de la définition, et donc sur ce que chacun demande au joueur. Les premiers sont nés à New York en 1913, les seconds sont attribués à la Suède. Les grilles de Flexorama, jouables sans compte, sont des mots fléchés.

Sources