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Mots fléchés ou mots croisés : ce qui les distingue

Mots croisés et mots fléchés reposent sur le même principe : des mots qui se croisent dans une grille. Ils se séparent sur la place de la définition, et donc sur ce que chacun demande au joueur. Les premiers sont nés à New York en 1913, les seconds sont attribués à la Suède. Les grilles de Flexorama, jouables sans compte, sont des mots fléchés.

Dans un journal, une grille de mots croisés se reconnaît de loin : un damier de cases blanches et noires, et à côté deux listes de définitions, horizontales et verticales. Une grille de mots fléchés n’a besoin de rien autour d’elle. Ses définitions sont écrites dans les cases, et de petites flèches les relient aux réponses. Les deux jeux partagent le principe des mots qui se croisent ; quatre différences les séparent.

  1. La place de la définition

    À côté de la grille pour les mots croisés. Dans la grille pour les mots fléchés, à côté de la première lettre de la réponse.

  2. Le repérage

    Les mots croisés à la française numérotent lignes et colonnes, en chiffres ou en lettres. Les mots fléchés n’ont pas de numéros : la flèche suffit.

  3. La séparation des mots

    Ce sont les cases noires qui séparent les mots dans les mots croisés. Dans les mots fléchés, les cases de définition jouent ce rôle.

  4. La longueur de l’indice

    Une définition de mots croisés peut occuper une phrase entière. Celle d’un mot fléché doit tenir dans une case.

Un jeu new-yorkais adopté par la France

Les mots croisés ont une date de naissance. Le 21 décembre 1913, le New York World publie dans Fun, son supplément du dimanche, une grille en losange signée Arthur Wynne, qu’il appelle word-cross. Elle n’a pas encore de cases noires, et ses définitions sont simples. Le jeu gagne la France au milieu des années 1920 : Le Dimanche illustré le publie sous le nom de « Mosaïque mystérieuse », puis L’Excelsior lance sa propre grille.

Les premières définitions françaises suivent le modèle américain, faites de synonymes et de courtes paraphrases. Des écrivains comme Jean Richepin et Tristan Bernard s’intéressent au jeu, ainsi que Renée David, qui deviendra une cruciverbiste célèbre, et un style français s’installe, fait d’allusions et de doubles sens. Dans la revue Publifarum, Michèle Fourment-Berni Canani, qui a étudié les grilles de Michel Laclos parues dans Le Figaro, note que ces définitions se prennent rarement au premier degré. Dans ses exemples, « Tête de turc » ne demande pas une victime : la réponse est TU, le début du mot turc.

Les mots fléchés, venus de Suède

Les mots fléchés n’ont pas d’acte de naissance aussi net. On attribue leur invention à la Suède, d’où leur surnom de « mots croisés suédois », sans savoir précisément quand ni par qui ils ont été créés. Leurs définitions prennent la place des cases noires. En Suède, le fournisseur de jeux Bulls les présente comme de loin la forme de jeu de mots la plus populaire, avec des grilles qui mêlent des images aux définitions.

Une case laisse peu de place. Dans nos grilles, près de neuf définitions sur dix tiennent en trois mots au plus, et quatre sur dix en un seul. Dans les mots croisés étudiés par Michèle Fourment-Berni Canani, c’est l’inverse : les définitions d’un seul mot sont rares, et les phrases dominent. Les mots fléchés ont d’ailleurs la réputation d’être plus faciles, que l’on explique tantôt par le manque de place pour les définitions subtiles, tantôt par une grille plus lisible. Dans la grille moyenne de 13 × 13, « Rocher » attend ROC, sans détour. La brièveté n’exclut pas le piège pour autant. Dans la même grille, « Tamise » ne désigne pas le fleuve de Londres mais une forme du verbe tamiser : la réponse est SASSE, du verbe sasser, qui en est le synonyme.

Ce que chaque grille demande au joueur

Les mots croisés imposent un va-et-vient : lire une définition dans la liste, retrouver sa ligne ou sa colonne, compter les cases jusqu’à la case noire, revenir à la liste. Le plaisir tient au décodage des jeux de mots. Les mots fléchés gardent le regard dans la grille. Les seize grilles de Flexorama ne comptent aucune case noire : toute case sans lettre porte au moins une définition. Dans la petite grille de 9 × 9, une case sur quatre est une case de définition.

Côté grilles, Flexorama propose des mots fléchés, pas des mots croisés. Ses grilles jouables sans compte offrent un aperçu de ce que l’inscription apporte : la partie n’y est pas enregistrée, alors qu’avec un compte la progression est gardée et tout le catalogue de mots fléchés s’ouvre. La grille de 15 × 15 réunit deux des plus longues définitions de nos grilles, « Guide de montagne népalais » et « Éloigné du centre du corps », vingt-six caractères chacune.

D’autres guides mots fléchés

Mots fléchés géants : comment venir à bout d’une grande grille

Une grille géante se remplit rarement d’une traite. Face à une telle surface, le vocabulaire compte moins que la manière de s’y déplacer : par où entrer, quand changer de coin, et à quel moment faire une pause. Six grilles géantes se jouent sur Flexorama sans compte.

Lire une grille de mots fléchés : flèches, cases doubles et petits mots qui reviennent

Une grille de mots fléchés suit des conventions qu’elle n’explique jamais : quelle définition va à droite quand une case en porte deux, ce que signale une flèche coudée, ce que la forme d’une définition annonce de sa réponse. Les petites grilles faciles de Flexorama, jouables sans compte, permettent de les repérer une à une.

Ce que la pratique apprend aux amateurs de mots fléchés

À force de remplir des grilles, on reconnaît des mots rares que les auteurs de mots fléchés affectionnent, et une mention comme « en argot » ou « en ancien » se lit comme une consigne sur la réponse. Ce savoir d’habitué se construit partie après partie ; plusieurs grilles de Flexorama, jouables sans compte, permettent de l’observer.

Les mots fléchés entraînent-ils la mémoire ?

Les grilles de mots passent pour un bon exercice contre les trous de mémoire. Des chercheurs ont mis cette réputation à l’épreuve, presque toujours avec des mots croisés ou des jeux de mots en anglais. Leurs résultats montrent des liens réels, des limites nettes, et aucune preuve de protection.

Sources